la lettre de l'audace ultramarine

numéro spécial

 

Etre Charlie

Les extrémistes, toutes et tous, sont animé-es d’une haine paranoïaque qui confine à la démence.

Tu t’exprimes, ils te condamnent tel un démon surgi des Enfers.

Tu dessines, on te menace .

Tu écris, on t’intimide.

Des femmes te vouent aux gémonies au nom « d’une loi supérieure » dont l’interprétation les prive elles aussi de liberté!

Tu sors, tu es harcelé .

Jamais œuvre humaine n’a autant été abhorrée que toi.

Il t’est arrivé parfois de devoir prêter l’oreille à ces menaces terrorisantes de ceux qui demeurent dans leur obscurantisme ignare instaurant le blasphème!

Tu te savais en danger : trop lu, entendu, écouté.

Tant d’abomination aveugle ne t’a pas détourné de ta vocation : tu es et demeures information, dérision si nécessaire. Quoique tu sois libre penseur, qui aurait imaginé que tu exacerbes autant la misanthropie?

Rien ne t’a pas fait changer de plume, de crayon, d’idées ou de valeurs. Tu y as vu sujet non pas de t’en plaindre mais de poursuivre ton travail au service de cette liberté que tu chéris tant. Mais tu luttais si bien que ce jour arriva où les haineux se demandèrent : « Comment peut-on être Charlie? ». Et emportés par la colère fasciste qui ne dit pas son nom, plutôt que de te poser la question, ils ont voulu t’imposer le silence en mettant leurs menaces à exécution.

Pour répandre leur haine et semer la terreur dans tous les esprits. Pour, croient-ils, te faire oublier?

Et bien non. Personne n’oubliera car le 7 janvier 2015 à 11h35, nous sommes toutes et tous devenus Charlie.

Sophie ELIZEON,

Déléguée Interministérielle